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Les Verts quittent le Mondial par la petite porte

par Abderrahim A.
Les Verts quittent le Mondial par la petite porte

Il y avait de l’espoir après les premières minutes. Il n’aura fallu qu’une erreur pour tout faire basculer. Battue 2-0 par une Suisse réaliste et parfaitement organisée, l’Algérie quitte la Coupe du monde avec le sentiment d’avoir répété, une fois de trop, les mêmes erreurs qui ont jalonné son parcours.
Les Verts avaient pourtant bien lancé leur rencontre. Durant les dix premières minutes, ils ont monopolisé le ballon, imposé un pressing cohérent et empêché les Suisses de développer leur jeu. Le plan de Vladimir Petkovic semblait fonctionner.
Puis est arrivée cette passe mal assurée de Chaïbi. En une transition, tout s’est effondré. La Suisse s’est projetée rapidement et Mandi, dépassé par la vitesse de l’action, n’a jamais été en mesure de rattraper son adversaire. Le premier but suisse a totalement changé le scénario de la rencontre.
À ce niveau, une seule erreur peut coûter un match. L’Algérie l’a encore appris à ses dépens.

Les mêmes défauts, encore et toujours
Le plus inquiétant n’est pas la défaite, mais la répétition des mêmes lacunes. Les pertes de balle dans des zones dangereuses, les difficultés à gérer les contre-attaques et le manque de vitesse dans l’axe défensif ont encore pesé lourd.
Depuis le début du tournoi, ces faiblesses reviennent systématiquement.
Les adversaires n’ont même plus besoin de construire longuement leurs actions : il leur suffit souvent d’attendre l’erreur algérienne.
Face à la Suisse, cette fragilité est apparue au grand jour. Les défenseurs ont souffert dès que les Helvètes accéléraient et le repli défensif a manqué d’agressivité et de coordination.
Le plan de Petkovic était identifiable : neutraliser Granit Xhaka afin d’empêcher la Suisse de construire proprement ses actions. Pendant une partie de la première période, cette mission a été correctement exécutée.
Mais le football ne se résume pas à empêcher l’adversaire de jouer. Il faut également être capable de créer du danger. Dans ce domaine, l’Algérie a manqué d’idées, de présence dans la surface et de justesse technique dans les derniers mètres.

Un secteur offensif sans véritable point d’appui
Le choix de confier la pointe de l’attaque à Ibrahim Maza a rapidement montré ses limites. Le jeune joueur possède une excellente qualité technique, mais il n’est pas un avant-centre capable de jouer dos au but ou de fixer une défense.
En cherchant à exploiter la profondeur, l’Algérie a également privé Maza de ce qu’il fait le mieux : créer le jeu entre les lignes. Résultat, les occasions sont restées rares et souvent mal exploitées.
Les tentatives de Houssem Aouar, puis de Maza, auraient mérité une meilleure finition, mais le manque de lucidité dans les derniers gestes a empêché les Verts de concrétiser leurs temps forts.

Le deuxième but, symbole d’un naufrage
Si le premier but a changé le cours du match, le second a définitivement mis fin au suspense. Une relance catastrophique de la défense, impliquant Bensebaïni puis Belghali, a offert un véritable cadeau à la Suisse.
À ce niveau de compétition, ce type d’erreur est impardonnable. Les Suisses n’ont eu qu’à profiter de l’offrande pour doubler la mise et sceller le sort de la rencontre.
À partir de ce moment, l’Algérie a semblé résignée. Plus d’intensité, plus de pressing, plus de révolte. Les minutes se sont écoulées sans que les Verts ne donnent réellement l’impression de croire à un retour. Les remplacements opérés par Petkovic n’ont pas changé la dynamique du match. Aucun ajustement tactique n’a permis de bousculer une équipe suisse parfaitement en contrôle.
L’impression laissée est celle d’un banc incapable d’apporter des solutions dans un moment où l’équipe en avait pourtant un besoin urgent.

Une élimination logique
Cette élimination ne peut être réduite à une simple contre-performance. Elle est la conséquence d’un tournoi durant lequel les mêmes erreurs se sont répétées sans être corrigées.
Les pertes de balle évitables, les difficultés défensives, le manque de réalisme offensif et l’absence de réaction après les coups durs ont fini par condamner les Verts.
Une Coupe du monde ne pardonne pas les approximations. Face à une Suisse disciplinée, efficace et opportuniste, l’Algérie a donné l’impression de disputer un match sans l’intensité d’un rendez-vous décisif.
À ce niveau, le talent ne suffit pas. Seules la rigueur, la concentration et la maîtrise permettent de franchir les étapes. Les Verts en ont fait l’amère expérience et quittent le Mondial avec de nombreux enseignements à tirer pour l’avenir.

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