Accueil A LA UNEAprès avoir longtemps vanté un ‘’bilan exceptionnel’’ de Petkovic : La FAF face à ses propres contradictions

Après avoir longtemps vanté un ‘’bilan exceptionnel’’ de Petkovic : La FAF face à ses propres contradictions

par Abderrahim A.
Après avoir longtemps vanté un ‘’bilan exceptionnel’’ de Petkovic : La FAF face à ses propres contradictions

Les chiffres peuvent parfois masquer la réalité. Les séries de victoires, les statistiques flatteuses et les qualifications peuvent donner l’impression d’un parcours irréprochable. Mais dans le football de haut niveau, les véritables critères de réussite restent les grandes compétitions et la capacité à répondre présent lorsque le niveau d’exigence augmente.
Depuis plusieurs mois, le discours officiel met en avant les performances de la sélection nationale, notamment à travers une campagne de qualification maîtrisée et un bilan largement positif face à des adversaires souvent à la portée des Verts. Mais une question revient avec insistance : où se trouve réellement le « bilan exceptionnel » tant vanté ?

La qualification pour la Coupe du monde 2026 constitue évidemment un objectif majeur. Toutefois, il convient de rappeler que cette édition est la première de l’histoire à réunir 48 équipes, contre 32 auparavant.
L’Afrique bénéficie désormais de neuf places directes, auxquelles s’ajoute une possibilité via les barrages intercontinentaux, contre seulement cinq auparavant. Dans ce nouveau contexte, la qualification, bien qu’importante, n’a plus la même valeur sportive qu’auparavant et ne peut, à elle seule, être présentée comme un exploit historique.
De la même manière, accumuler des victoires contre des sélections largement inférieures sur le plan du classement et du potentiel ne constitue pas forcément un indicateur fiable de la progression réelle d’une équipe. Les grandes nations sont jugées sur leur rendement dans les matchs couperets, face aux meilleures sélections africaines et mondiales.

L’histoire récente du football algérien rappelle d’ailleurs cette exigence. L’ancien sélectionneur, Djamel Belmadi, avait offert au pays le sacre continental de 2019, avant d’enchaîner une impressionnante série de 35 rencontres sans la moindre défaite. Pourtant, ces performances n’ont pas suffi à lui garantir son poste. Deux éliminations successives dès le premier tour de la Coupe d’Afrique des nations, puis l’échec cruel dans la qualification au Mondial 2022, avaient conduit la Fédération à tourner la page, estimant que les objectifs majeurs n’avaient pas été atteints.
Aujourd’hui, la FAF se retrouve face à une situation délicate qui pourrait nourrir les débats. En décidant de prolonger le contrat du sélectionneur et de l’ensemble du staff technique jusqu’en 2028, avant même le début de la Coupe du monde, la Fédération a fait le choix de la stabilité et de la continuité, considérant que les résultats obtenus jusque-là justifiaient cette confiance.

Mais ce choix implique désormais une responsabilité importante, d’autant plus que le parcours mondial vient de se solder par une élimination prématurée et une prestation en deçà des attentes. La FAF est inévitablement confrontée à ses propres arguments.
Comment expliquer qu’un entraîneur ayant remporté une Coupe d’Afrique et établi une série historique de 35 matchs sans défaite ait été remercié après deux échecs majeurs, alors qu’aujourd’hui les critères d’évaluation semblent avoir évolué ? Les standards ont-ils changé ? Les objectifs sont-ils les mêmes ? Ou la Fédération applique-t-elle désormais une lecture différente selon les circonstances ?

Au-delà des résultats, c’est la question de la cohérence qui est posée. Le football ne se résume pas aux statistiques ni aux campagnes qualificatives. Les supporters attendent avant tout une équipe capable de rivaliser avec les meilleures nations, de franchir un cap lors des grandes compétitions et de confirmer sur la scène internationale.
La Coupe du monde a apporté sans doute les premières réponses. Maintenant que les attentes ne sont pas satisfaites, la FAF devra assumer un choix qu’elle a elle-même renforcé en offrant une prolongation jusqu’en 2028 avant le verdict du terrain. Désormais, le patron du sport roi en Algérie, Walid Sadi, est dans l’embarras. Il sera dans l’obligation de verser à Vladimir Petkovic la totalité du dû lié à son nouveau contrat, qui expire en juillet 2028, s’il refuse une résiliation à l’amiable.

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