Le déplacement de l’Union sportive de la médina d’Alger (USMA) au Maroc, pour affronter l’Olympique de Safi en demi-finale de la Coupe de la Confédération, s’est transformé en véritable épisode de tension dépassant largement le cadre sportif. Ce match, censé être une fête du football africain, a pris une tournure politique marquée, révélant à la fois une organisation défaillante et une instrumentalisation préoccupante du sport.
Dès les heures précédant la rencontre, l’atmosphère au stade El Massira d’Asfi était particulièrement électrique. Des groupes de supporters locaux ont envahi la pelouse pendant l’échauffement des joueurs algériens, proférant insultes et provocations dans un climat hostile. Cette intrusion, loin d’être anodine, a perturbé la préparation des joueurs de l’USMA et contribué à retarder le coup d’envoi de plus d’une heure, un fait rare à ce niveau de compétition.
Mais au-delà du désordre organisationnel, c’est surtout la présence de messages à caractère politique dans l’enceinte du stade qui a suscité l’indignation. Des slogans affichés sur les panneaux publicitaires visaient clairement à provoquer les joueurs algériens, confirmant une volonté de détourner l’événement sportif vers des considérations extra-sportives. Ce type de pratique va à l’encontre des principes fondamentaux du football, censé rester un espace de fair-play et de neutralité.
La situation s’est encore aggravée avec la décision des responsables de l’Olympique de Safi d’interdire l’accès au stade aux journalistes et photographes algériens. Bloqués à l’entrée, ces professionnels des médias n’ont pas pu assurer la couverture de la rencontre, malgré plusieurs tentatives de médiation restées vaines. Cet épisode illustre une restriction flagrante de la liberté de la presse dans un contexte déjà tendu.
Ces événements interviennent dans un climat déjà fragilisé par des précédents controversés, notamment l’affaire de la carte géographique ayant opposé l’USMA à d’autres clubs marocains. Ils traduisent une tendance inquiétante à politiser les compétitions sportives, en instrumentalisant les clubs et les supporters pour servir des agendas qui n’ont rien à voir avec le jeu.
En définitive, cette rencontre n’a pas seulement été marquée par un manque d’organisation manifeste, mais aussi par une dérive politique qui ternit l’image du football africain. Si les manœuvres visant à déstabiliser l’adversaire peuvent exister dans le sport, leur recours à des ressorts politiques et à des pratiques discriminatoires constitue une ligne rouge. Le football, pour rester un vecteur de rapprochement entre les peuples, ne peut se permettre de devenir un terrain d’affrontement idéologique.
Malgré cela, le club algérien a su relever le défi en revenant avec le billet qualificatif pour la finale après le nul (1-1, 0-0 à l’aller) qui a sanctionné la partie. L’USMA affrontera, lors de la dernière étape de cette Coupe de la CAF, dont elle est détentrice de l’avant-précédente édition, les égyptiens du Zamalek.